8,7 %. Ce chiffre brut, tiré des statistiques de l’Insee, ne laisse aucune place au doute : en cinq ans, le salaire brut moyen à Bordeaux a été dopé, là où d’autres métropoles de taille équivalente font du surplace.
Chaque année, Bordeaux attire un flot croissant de diplômés venus profiter d’un marché du travail riche en opportunités. Mais la réalité du terrain nuance le tableau : l’écart entre les rémunérations des cadres et celles des non-cadres reste bien réel, révélant la diversité des parcours et des perspectives au sein de la métropole.
Bordeaux, une métropole qui séduit les actifs : attractivité, qualité de vie et dynamisme économique
Ces dernières années, Bordeaux a pris une longueur d’avance sur bien des fronts. La métropole séduit des actifs venus de toute la France, attirés par la réputation de la qualité de vie, l’efficacité des transports et la richesse de son tissu économique. Le renouvellement des profils et l’évolution démographique placent Bordeaux au-dessus de la moyenne nationale en matière de croissance de population.
Les chiffres fournis par l’Insee parlent d’eux-mêmes : la région Nouvelle-Aquitaine continue de gagner des habitants, principalement grâce à des actifs. Parmi eux, une proportion croissante de cadres et de jeunes diplômés s’installe, motivée par des conditions d’emploi attractives, une mosaïque de secteurs qui embauchent (numérique, vin, santé, aéronautique), et un tissu de PME et d’ETI en plein essor.
Voici les principaux atouts de la métropole bordelaise qui expliquent cette dynamique :
- Qualité de vie : espaces verts nombreux, vie culturelle animée, réseau de transports modernisé.
- Marché de l’emploi : chômage plus faible que la moyenne nationale, abondance de postes dans le tertiaire et l’industrie.
- Salaire et niveau de vie : pouvoir d’achat mieux préservé qu’à Paris ou Lyon.
Les secteurs innovants ne sont pas en reste : la French Tech locale, la santé et la logistique recrutent à tour de bras. Bordeaux mise sur une population jeune et active, sur des conditions de travail qui attirent, et sur une politique résolument tournée vers l’emploi. Les chiffres récents illustrent un renouvellement des catégories socioprofessionnelles et une évolution du profil type du salarié, preuve du dynamisme de la métropole et de son poids parmi les grandes villes françaises.
Comment le salaire moyen à Bordeaux a évolué ces cinq dernières années ?
L’Insee permet de prendre la mesure de la progression du salaire moyen à Bordeaux sur la période récente. Depuis 2019, la hausse du salaire mensuel moyen reste modérée mais bien réelle, portée par l’activité soutenue du marché de l’emploi et la diversification des profils.
Le salaire moyen dans la région se stabilise autour de 2 400 euros nets mensuels pour un temps plein. Derrière ce chiffre, des disparités : le numérique, la santé ou l’ingénierie offrent des rémunérations plus élevées, tandis que le commerce de détail ou la restauration restent à la traîne. Dans l’ensemble, la masse salariale progresse et confirme l’attrait de la métropole pour les profils qualifiés.
La croissance du salaire moyen à Bordeaux reste toutefois en léger retrait par rapport à certaines grandes villes françaises. L’Institut national de la statistique note une augmentation cumulée d’environ 7 % sur cinq ans, tirée vers le haut par la montée en gamme de plusieurs secteurs.
Chronologiquement, les grandes étapes de cette évolution sont les suivantes :
- 2020 : la crise sanitaire freine le mouvement, de nombreux secteurs gèlent les négociations salariales.
- 2021-2023 : la reprise s’amorce, avec un effet de rattrapage notable dans les services à forte valeur ajoutée.
- 2024 : la situation se stabilise, l’écart avec la moyenne nationale se réduit nettement.
À noter également : l’Insee observe un rapprochement des niveaux de salaires entre catégories socioprofessionnelles, preuve que le profil du salarié évolue à mesure que l’économie locale se transforme.
Salaires des non-cadres et diversité des revenus : où en est la métropole bordelaise aujourd’hui
Le salaire moyen à Bordeaux ne dit pas tout de la réalité des revenus. En creusant, on découvre que pour la majorité des employés, ouvriers et professions intermédiaires, le revenu reste souvent proche du SMIC ou s’en éloigne à peine. Les derniers chiffres de l’Insee montrent que l’écart entre les salariés les moins et les mieux rémunérés reste significatif : certains employés à temps partiel ne touchent pas plus de 1 300 euros nets par mois, alors qu’une poignée dépasse les 2 000 euros.
L’étude des revenus à Bordeaux met en lumière la persistance d’inégalités. L’écart de salaire entre les femmes et les hommes demeure très concret : les femmes gagnent en moyenne 11 % de moins que leurs collègues masculins, une différence que la crise sanitaire n’a pas résorbée. La structure du marché bordelais, fortement marquée par le commerce, la logistique ou l’aide à domicile, limite la progression des salaires pour beaucoup de non-cadres.
Répartition des salaires mensuels nets (en euros)
| Décile | Montant |
|---|---|
| D1 (10 % les moins rémunérés) | 1 180 |
| D5 (médiane) | 1 650 |
| D9 (10 % les mieux rémunérés) | 2 900 |
La diversité des revenus à Bordeaux traduit la variété des parcours professionnels et des situations personnelles. Les ménages monoparentaux, les jeunes qui démarrent, les salariés à temps partiel forment un paysage des rémunérations à la fois éclaté et encore éloigné des standards nationaux.
Diplômés et jeunes actifs : quelles opportunités professionnelles concrètes à Bordeaux en 2024 ?
En 2024, le marché de l’emploi à Bordeaux ne se laisse pas conquérir sans effort, même pour les diplômés et jeunes actifs. La croissance démographique et l’attractivité de la ville continuent de drainer chaque année de nouveaux talents, alimentant la concurrence mais aussi renouvelant les perspectives, notamment dans le tertiaire et l’industrie.
Parmi les secteurs qui recrutent le plus, on retrouve les services financiers, l’informatique, la restauration, ainsi que les PME industrielles qui restent un pilier de l’économie locale. Les grandes entreprises continuent d’attirer les cadres en quête d’évolution, pendant que les professions intermédiaires s’intègrent de préférence dans des structures de taille moyenne.
Quelques chiffres récents illustrent les réalités auxquelles sont confrontés les jeunes actifs bordelais :
- Le taux de chômage des jeunes diplômés est inférieur à la moyenne nationale, mais l’entrée sur le marché du travail passe souvent par des CDD, notamment dans les services.
- Les jeunes actifs perçoivent généralement entre 1 700 et 2 100 euros nets, selon la taille de l’entreprise et le secteur, un niveau légèrement inférieur à Paris mais qui surpasse la moyenne régionale de Nouvelle-Aquitaine.
Bordeaux s’affirme ainsi comme un laboratoire professionnel : pour saisir les opportunités, il faut savoir s’adapter rapidement à un marché en mutation, influencé à la fois par le numérique et par la transformation du tissu industriel. Dans cette ville où les lignes bougent sans cesse, chaque profil doit trouver sa place, et saisir le mouvement avant qu’il ne s’accélère encore.


