Le taux d’évolution mesure la variation relative d’une grandeur entre deux instants. Le coefficient multiplicateur traduit cette même variation sous forme d’un facteur applicable directement à la valeur initiale. Passer de l’un à l’autre repose sur une seule opération arithmétique, mais c’est précisément cette simplicité qui génère des erreurs fréquentes en contrôle ou au bac.
Formule du taux d’évolution : définition et calcul
Le taux d’évolution (souvent noté t) compare l’écart entre une valeur finale et une valeur initiale, rapporté à la valeur initiale. La formule s’écrit :
t = (V_F – V_I) / V_I
V_I désigne la valeur de départ, V_F la valeur d’arrivée. Le résultat est un nombre décimal. Pour l’exprimer en pourcentage, on le multiplie par 100.
Un prix passe de 80 euros à 92 euros. Le taux d’évolution vaut (92 – 80) / 80 = 0,15, soit une augmentation de 15 %. Si le prix passe de 80 à 68, le taux vaut (68 – 80) / 80 = -0,15, soit une baisse de 15 %.
Le signe du résultat suffit à indiquer le sens de la variation : positif pour une hausse, négatif pour une réduction.
Pourquoi diviser par la valeur initiale et jamais par la valeur finale
L’erreur la plus courante dans le calcul du taux d’évolution consiste à diviser par la valeur finale au lieu de la valeur initiale. Cette confusion fausse le résultat et ne donne pas le même pourcentage.
Reprenons l’exemple précédent : un prix passe de 80 à 92 euros. La division correcte (92 – 80) / 80 donne 0,15. Si l’on divise par 92 par erreur, on obtient environ 0,1304, soit 13 % au lieu de 15 %. L’écart paraît modeste ici, mais il se creuse quand les variations sont plus marquées.
La règle est simple : le dénominateur est toujours la valeur de départ, celle qui existait avant l’évolution. C’est elle qui sert de base de comparaison.

Coefficient multiplicateur : formule et lien avec le taux d’évolution
Le coefficient multiplicateur (CM) est le nombre par lequel on multiplie la valeur initiale pour obtenir directement la valeur finale :
CM = V_F / V_I
Le lien avec le taux d’évolution est immédiat. Puisque t = (V_F – V_I) / V_I, on peut réécrire :
CM = 1 + t
C’est la formule de passage. Si le taux d’évolution vaut 0,15 (hausse de 15 %), le coefficient multiplicateur est 1 + 0,15 = 1,15. Si le taux vaut -0,20 (baisse de 20 %), le coefficient est 1 + (-0,20) = 0,80.
Interpréter le coefficient multiplicateur
- Un coefficient supérieur à 1 traduit une augmentation. Plus il dépasse 1, plus la hausse est forte.
- Un coefficient égal à 1 signifie que la quantité n’a pas changé : le taux d’évolution est nul.
- Un coefficient inférieur à 1 traduit une diminution. Un CM de 0,70 correspond à une baisse de 30 %.
Pour retrouver le taux d’évolution à partir du coefficient, on inverse la formule : t = CM – 1. On multiplie ensuite par 100 pour exprimer le résultat en pourcentage.
Évolutions successives et coefficient multiplicateur global
Un piège classique au bac ou en exercice de maths consiste à additionner deux taux d’évolution successifs. Une hausse de 10 % suivie d’une hausse de 5 % ne donne pas 15 % de hausse globale.
La méthode correcte passe par les coefficients multiplicateurs. On les multiplie entre eux :
CM global = CM_1 × CM_2
Pour une hausse de 10 % puis de 5 % : 1,10 × 1,05 = 1,155. Le taux d’évolution global est donc 1,155 – 1 = 0,155, soit 15,5 %. La différence avec 15 % vient de ce que la seconde hausse s’applique à une valeur déjà augmentée.
Exemple avec hausse puis baisse
Un article coûte 200 euros. Il augmente de 25 %, puis baisse de 20 %. Le réflexe serait de croire que le prix revient presque au point de départ (+25 % puis -20 % = +5 %). Vérifions avec les coefficients :
CM global = 1,25 × 0,80 = 1,00
Le coefficient vaut exactement 1 : le prix final est bien 200 euros. Une hausse de 25 % suivie d’une baisse de 20 % ramène à la valeur initiale, et non à +5 %. Ce résultat surprend souvent, mais le calcul le confirme sans ambiguïté.

Cas limite : valeur initiale égale à zéro
La formule du taux d’évolution impose une division par V_I. Si la valeur initiale est nulle, cette division est impossible. Aucun taux d’évolution ne peut être défini quand la valeur de départ vaut zéro.
Le coefficient multiplicateur, défini comme V_F / V_I, est tout aussi inapplicable dans ce cas. On ne peut pas parler de variation relative sans base de référence. En pratique, quand une grandeur part de zéro (lancement d’un produit sans ventes précédentes, par exemple), on bascule sur d’autres indicateurs : niveau atteint, croissance absolue ou taux moyen calculé sur une période ultérieure.
Récapitulatif des formules taux d’évolution et coefficient multiplicateur
| Opération | Formule |
|---|---|
| Taux d’évolution | t = (V_F – V_I) / V_I |
| Coefficient multiplicateur | CM = V_F / V_I |
| Passage taux vers coefficient | CM = 1 + t |
| Passage coefficient vers taux | t = CM – 1 |
| Taux en pourcentage | t × 100 |
| Évolutions successives | CM global = CM_1 × CM_2 × … |
Garder ce tableau sous les yeux pendant un exercice évite la plupart des confusions. Le point central reste le même : le coefficient multiplicateur n’est rien d’autre que 1 + t, et cette relation fonctionne dans les deux sens, quel que soit le signe de la variation.

